Hotel Les Haras
Ce qui nous a convaincus ici, c’est l’échelle du lieu : un haras royal fondé...
Rue de la Nuée-Bleue, la façade a la sévérité des bâtiments publics, et pour cause : après avoir été la demeure d'un maréchal d'Empire alsacien, elle a abrité un tribunal, puis un commissariat, jusqu'à la fin des années deux mille. Le chantier de reconversion a gardé les volumes, les proportions et jusqu'aux motifs retrouvés sous les couches de peinture, pour en faire un hôtel qui ne joue ni la nostalgie ni la table rase. On entre par un porche, on débouche sur une cour intérieure, et la ville s'arrête là. C'est l'une des rares adresses strasbourgeoises où l'échelle d'un grand hôtel cohabite avec une histoire aussi précise.
Pour la signature d'abord : la décoration est l'œuvre d'un architecte d'intérieur connu pour ses reconversions de bâtiments historiques, et cela se lit dans chaque choix, des papiers peints tirés des découvertes du chantier aux hauteurs sous plafond conservées. Pour la table ensuite, confiée à deux chefs qui tiennent deux étoiles à Obernai et qui servent ici une carte alsacienne de bistrot, du matin jusqu'à tard. Pour le bar enfin, avec ses cent soixante-dix vins d'Alsace, qui fait de l'hôtel une adresse de fin de journée et pas seulement un lieu où dormir.
L'hôtel est sur la Grande-Île, au nord du centre historique, près du canal du Faux-Rempart et de la place Broglie. La cathédrale se rejoint en une dizaine de minutes à pied, la Petite France en un quart d'heure, et la Neustadt commence de l'autre côté de l'eau, ce qui rend facile l'enchaînement des deux strates de la ville, médiévale puis wilhelminienne. C'est un quartier de bureaux et de théâtres plutôt que de terrasses touristiques : plus calme le soir, très central le jour. Le tramway et la gare sont accessibles sans voiture.
Prix : €€€, haut de gamme
Ambiance : contemporaine, graphique, urbaine, animée en journée
Chambres : plus de cent chambres et suites autour d'une cour intérieure, trois catégories plus juniors suites et suites
Idéal pour : les week-ends en ville, les voyages d'affaires, les amateurs de design et de vins d'Alsace
Ce que nous préférons ici : les papiers peints dessinés d'après les motifs retrouvés pendant les travaux
Table : cuisine alsacienne de bistrot signée par deux chefs doublement étoilés, service continu, goûter par un chef pâtissier
Équipements : cour intérieure, bar à cocktails et carte de cent soixante-dix vins d'Alsace, animaux acceptés
À proximité : la place Broglie et l'Opéra, la cathédrale (une dizaine de minutes à pied), la Petite France, la Neustadt
Le bâtiment n'a pas été aligné : les chambres héritent de hauteurs et de plans différents selon l'étage et selon l'aile, ce qui donne un choix réel plutôt qu'une gamme de catégories interchangeables. Trois niveaux de chambres, des juniors suites et des suites se répartissent entre la rue et la cour, cette dernière étant le bon choix pour le calme. Les motifs muraux reprennent des éléments mis au jour pendant les travaux, détail qui fait le lien entre le décor et le lieu. Le mobilier est contemporain, les matières sobres, et l'ensemble vieillira bien.
Le restaurant n'est pas une annexe de l'hôtel mais une adresse ouverte sur la ville, avec un service qui court du petit-déjeuner à la fin de soirée. La carte revisite le répertoire alsacien dans un registre de bistrot, assumé comme tel, et le duo de chefs qui la signe tient par ailleurs une maison doublement étoilée dans le vignoble. C'est une configuration rare : la rigueur d'une grande cuisine appliquée à des plats qu'on commande sans cérémonie. Réserver reste conseillé le soir, y compris pour les résidents.
La carte des vins est le vrai argument du bar : cent soixante-dix références régionales, ce qui permet de comparer les cépages et les terroirs sans quitter la ville, et une carte de cocktails pour ceux que le riesling laisse indifférents. L'après-midi, un chef pâtissier prend le relais avec un service de goûter. Le lieu sert autant aux clients de l'hôtel qu'aux Strasbourgeois, ce qui lui évite l'atmosphère un peu morte des bars d'hôtel et donne au séjour un ancrage local.
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